Stanislas Leszczynski

Biographie

La vie d'un monarque voyageur

 

Stanislas à la conquête de la notoriété

 

La vie de Stanislas Leszczynski se prête à l'élaboration d' une biographie passionnante, d'une existence tumultueuse d'un souverain voyageur.

 

Les ancêtres de Stanislas Leszczynski venant de bohème, ont immigré en Pologne dès le XIVème siècle. La famille Leszczynski a atteint au XVème siècle des fonctions importantes en Grande Pologne et a été introduite dès le XVIème siècle dans le cercle des magnats du royaume, la grande noblesse polonaise. Toutefois, les Leszczynski n'égaleront jamais par leurs biens, les immenses fortunes des Zamoyski, Lubomirski, Wisniowiecki ou encore Radziwill, largement étendus dans les provinces orientales de l'État polono - lituanien.

 

Les biens des Leszczynski, situés principalement en Grande Pologne, leur apportent des revenus considérables, garants d'une position politique en vue, ainsi que la possibilité de développer une politique active de mécénat. Au  XVIIème siècle, les Leszczynski font partie des familles les plus influentes de l'ancienne république des deux nations et tissent des liens traditionnels avec la France.

 

Stanislas naît à Lwov en Ukraine le 20 octobre 1677. Il est certainement l'un des derniers descendants par la branche féminine des ducs de Silésie-Raciborz, de la dynastie des Piast.  Au terme d'une petite enfance chétive et souffreteuse, il reçoit une éducation extrêmement soignée au château de Rydzyna.

 

Il quitte le giron de sa mère Anna Jablonowska pour une adolescence studieuse à Leszno. Stanislas solidement formé en sciences, en mathématiques,  excelle en littérature, et maîtrise parfaitement plusieurs langues : le latin, l'allemand, l'italien et dans une moindre mesure le français qu' il parle aisément, mais écrit difficilement.

 

De 1695 à 1696, Il entreprend un voyage éducatif à travers l' Europe, ce long périple le conduit à Vienne, Venise, Rome, Florence, et Paris. L'éducation française de Stanislas tournera court. Il sera contraint de rallier la Pologne via les Pays-Bas.

 

En 1696, à la mort du roi Jean III Sobieski, Stanislas Leszczynski,  jeune noble talentueux, entre en politique et sera nommé staroste du palatinat d' Odolanov.

 

Son père Raphaël III lui cède le titre de grand échanson de la couronne et palatin de Poznanie.

 

En 1697, la Diète de Pologne se réunit pour élire un nouveau roi. Le roi de Saxe, un Allemand, gagne la faveur des électeurs et se fait élire sous le nom d'Auguste II.

 

A 21 ans Stanislas épouse le 25 mai 1698, la fille de Jean-Charles Opalinski illustre magnat polonais, Catherine Opalinska, qui lui donne deux filles:

 

Anna, le 25 mai 1699, et Marie, le 23 juin 1703 qui deviendra reine de France.

 

Stanislas Leszczynski vers 1699                                                                                                                               Catherine Opalinska

 

Aux premiers jours de l'an 1703, le père de Stanislas, Raphaël III Leszczynski et son grand père maternel Jean-Stanislas Jablonowski se suivent dans la mort, laissant Stanislas à la tête d'un domaine considérable.

 

Le trône de Pologne

 

Des troubles surgissent en Pologne lorsque Auguste II décide d'attaquer la Suède avec l'appui de la Russie. Le 30 novembre 1700, le nouveau jeune roi de Suède, Charles XII remporte les premières batailles sur les russes.

 

      Charles XII de Suède

Les troupes de Auguste II perdent également des batailles et Charles XII envahit la Pologne par les provinces de Courlande et de Lituanie. Le 10 août 1701,  Charles XII entre à Cracovie, Auguste II perd l'appui de ses alliés et le soutien des grandes familles de Pologne.

 

Le 15 février 1704, le roi Auguste II est destitué et, le jeune Charles XII, intervient à son tour dans les affaires polonaises, ralliant Stanislas à sa cause, le fait élire roi de Pologne le 12 juillet 1704 sous le nom de Stanisłaus 1er .

 

Ce n'est que le 4 octobre 1705 que le couronnement de Stanislas et de son épouse eut lieu dans la collégiale Saint-Jean à Varsovie.

 

L'exil de Stanislas roi de Pologne

 

Mais la guerre se poursuit, Stanislas et son allié suédois se battent contre Auguste II qui déclare forfait et le 24 septembre 1706, signe le traité de d'Alt-Randstadt.

 

Stanislas Leszczynski vers 1709

En septembre 1707 son protecteur Charles XII de Suède est entraîné dans un conflit avec Pierre 1er  le Grand tsar de Russie.

 

L'armée  de Charles XII , après d'extraordinaires succès, s'épuise dans la plaine ukrainienne. Charles XII, blessé subit la défaite à Poltava en 1709 contre les armées de Pierre 1er le Grand.

 

Charles XII s'enfuit et finalement emprisonné en Bessarabie, possession ottomane en Europe orientale, entre la Moldavie et l'Ukraine, à Bender (aujourd'hui Tighina en Moldavie).

 

 

Après la débâcle de ce dernier, commence pour Stanislas une longue errance qui le mène à Stettin, Stockholm. Sa route de l' exil se poursuit, travesti en officier français, à travers la Hongrie, l' Autriche.

 

En 1713 Stanislas dépossédé du trône de Pologne, est fait prisonnier par les Turcs et rejoint Charles XII à Bender. Il renonce à prendre la couronne polonaise au profit de Auguste II.

 

Après la libération de Charles XII, Stanislas quitte Bender le 23 mai 1714.

 

Pour récompenser la fidélité de Stanislas, Charles XII lui cède la jouissance de la petite principauté de Zweibrücken (Deux-Ponts) possession suédoise depuis 1654, située entre la France et l'Allemagne.

 

Stanislas Leszczynski vers 1711

               Auguste II

En quittant Bender, sous le pseudonyme de Comte Gronstein, Stanislas traverse l'Europe d'est en ouest pour rejoindre sa nouvelle patrie.

 

Dans son périple, il traverse la Lorraine où sa situation financière est difficile. Prévenu de son arrivée, le duc de Lorraine Léopold se porte à son secours. Stanislas après une halte à Lunéville peut ainsi poursuivre sa route jusqu'à Zweibrücken.

 

Il retrouve sa famille et quelques proches, Stanislas s'adonne à la musique, les arts, la philosophie et les sciences dans le palais baroque qu’il a fait construire grâce à l'architecte suédois Jonas Erikson Sundhal.

 

La nouvelle résidence prend un nom d'origine turque: "Tschifflick" en souvenir de son séjour à Bender.

 

Apres le décès d'Anna Leszczynska fille aînée de Stanislas le 20 mars 1717 à Zweibrücken où elle fut enterrée au monastère de Gräfinthal, plonge la famille Leszczynski dans un grand désarroi.

 

A l'âge de 42 ans, Stanislas, suite au décès accidentel de Charles XII de Suède perd son ami et protecteur, le 30 novembre 1718 à Fredrikshall.

 

Le 5 janvier 1719, Samuel Gustav Léopold reprend possession du duché de Zweibrücken.

 

Stanislas Leszczynski vers 1720

 

Après plusieurs tentatives d'assassinat commanditées par Auguste II, Stanislas est contraint de quitter  Zweibrücken pour Bad-Bergzabern prés de Landau sous la protection des troupes françaises.

 

Puis de nouveau menacé par Auguste II, il quitte Bad-Bergzabern pour rejoindre Wissembourg. Le 19 février 1719, Stanislas et sa suite arrivent à destination. Wissembourg est une bourgade du nord de l'Alsace devenue française avec les traités de Westphalie en 1644 et de Ryswick en 1697, ( La souveraineté du Roi de France sur l'Alsace est reconnue et les seigneuries locales subsisteront jusqu'à la Révolution Française et cette belle province restera fidèle à la France).

 

Il loge à la Commanderie de  Wissembourg (et non au château Saint-Rémi à Altenstadt). Le roi de Pologne prend possession de cette vaste habitation de l'Ordre teutonique. Stanislas emménage en mars 1724, dans un château voisin " Le Palais Jaeger " (actuel château Stanislas ) plus spacieux mis à sa disposition par le bailli de Weber.

 

La famille y vit de manière modeste, grâce à une pension  octroyée par le Régent Philippe d'Orléans. Stanislas y est entouré d'un petit cercle de courtisans qui se partagent quelques titres de cour.

 

Depuis le décès Anna Leszczynska, l'ambiance à la cour de Stanislas est lourde et pesante.

 

A Wissembourg, modeste cité provinciale, la vie s'organise malgré les sempiternelles difficultés financières et la chasse demeure la distraction favorite de Stanislas.

   Anna Leszczynska        .

 

Fin de l' exil avec le mariage royal entre Louis XV avec Marie Leszczynska

 

A Versailles, le duc Philippe d' Orléans qui a gouverné la France avec le titre de Régent pendant la minorité de Louis XV vient de mourir. Le 2 décembre 1723, le duc de Bourbon (Monsieur le Duc) obtient du jeune roi de prendre la place du défunt. Le Régent avait prévu que Louis XV, qui allait sur ses treize ans, épouserait une infante d'Espagne, alors âgée de trois ans. Cette perspective lointaine inquiète fort l'intrigant duc de Bourbon car, si Louis XV vient à disparaître avant de s'être marié et d'avoir engendré un héritier à la couronne, c'est le fils de l'ancien Régent qui devient roi selon les règles normales de succession.

 

Cette éventualité est insupportable au duc de Bourbon, qui ne peut imaginer s'incliner devant la famille rivale des Orléans !. Monsieur le Duc, devenu Premier ministre, eut donc une obsession : marier le Roi et assurer sa descendance au  plus vite. Le roi malade durant l'hiver 1725 le convainc de précipiter les événements.

 

Usant de son influence au gouvernement, le duc fait capoter le projet de mariage du roi avec l'infante d'Espagne qui fut renvoyée à Madrid. Un Conseil, tenu le 31 mars 1725, examine les différents partis possibles pour la remplacer.

 

Le comte de Morville, secrétaire d'Etat aux affaires étrangères se met en quête à travers l'Europe d'une princesse "bonne à marier", de lignée royale, catholique et en âge d'enfanter. Une liste de 99 princesses à marier est établie, Marie Leszczynska fait partie des prétendantes.

 

A Wissembourg, est dépêché, le peintre Pierre Gobert pour réaliser le portrait de la princesse.

Le Duc Louis IV de Bourbon-Condé, qui était veuf et sans postérité, avait envisagé d'épouser lui-même la princesse polonaise. Stanislas mis beaucoup d'espoir dans ce projet.

 

Aussi, qu'elle ne fut pas sa stupéfaction lorsque, le 2 avril 1725, lundi de Pâques, un courrier lui apporta un pli, cacheté du sceau du duc de Bourbon, qui lui demandait sa fille en mariage au nom de Louis XV ...

 

Marie Leszczynska âgée de 22 ans accepta immédiatement la proposition qui lui était fait.

   Marie Leszczynska en 1725

 

Annonce officielle le 27 mai 1725, du mariage de Louis XV avec Marie Leszczynska.

 

Le 4 juillet, en route pour Strasbourg la famille s'installe chez le comte et la comtesse d'Andlau.

Le 15 août, dans la cathédrale de Strasbourg le mariage est célébré par procuration, Louis d'Orléans frère de Louis XV le représente, en présence du Cardinal de Rohan, grand aumônier de France et évêque du diocèse.

 

Puis après un long et pénible voyage sur des routes transformées en bourbier par des pluies diluviennes, le cortège formé de carrosses, de chariots et de soldats arrive le 5 septembre 1725 à Fontainebleau où le mariage est de nouveau célébré.

 

Les beaux-parents du roi, pensionnés par la France quittent Wissembourg pour une résidence plus en rapport avec leur nouvelle situation. Ils quittent Strasbourg le 22 septembre et arrivent le 16 octobre au château de Bourron, près de Fontainebleau, où ils retrouvent leur fille.

 

Ils s'établissent au château de Chambord de 1725 à 1733, la grisaille de la vie est ponctuée par de rares visites à sa Fille. Habituellement, Stanislas est invité en automne pour un cour séjour à Versailles. Louis XV installe rituellement ses hôtes polonais au Trianon de Versailles.

 

                 Louis XV

Louis XV, jeune homme de 15 ans, épris de chasse et encore timide, se montre fidèle à sa jolie épouse pendant quelques années, ce qui constitue une prouesse, considérant le milieu libertin de la Cour à cette époque.

 

Après cette période relativement heureuse, le mariage se transforme pour Marie Leszczynska en une longue souffrance. Aux infidélités constantes s'ajoute la solitude de sa vie de femme et de mère.

 

Elle met au monde plus de 10 enfants en l'espace de peu d'années dont certains décèdent en bas âge. Elle qui les aime tant se voit privée de leur affection et de leur éducation.

 

Les relations de Stanislas avec Louis XV sont généralement assez froides.

 

En la présence de son beau-père, le roi ressent probablement assez durement son union avec une jeune fille non issue de l'une des premières familles d' Europe.

 

Néanmoins, Stanislas est cultivé, spirituel, et s'intéresse aux sciences et aux techniques, ce qui fournit un sujet d'intérêt commun

 

Le 4 septembre 1729 un événement heureux  illumine la vie de Stanislas, fier que sa propre fille donne un dauphin au roi de France.

Marie Leszczynska / le dauphin

Nouvel échec en Pologne et la guerre de Succession de Pologne

 

La mort d'Auguste II, roi de Pologne, survenue le 1er février 1733, ouvre une crise de succession. L'empereur  germanique Charles VI et la tsarine Anne se prononcent en faveur de Auguste III fils du roi défunt, tandis qu'en France, mais aussi en Pologne, un important parti milite pour la restauration de Stanislas qui n' a jamais capitulé.

 

Stanislas Leszczynski vers 1733

Lors du mariage de Marie Leszczynska, il a bien promis à louis XV de ne plus s'intéresser à la Pologne, mais la passion du pays natal est plus forte que toutes les promesses.

 

Le cardinal Fleury, qui n'a guère de sympathie pour ce dernier, le laisse cependant partir.

 

Pour garder le secret son départ pour la Pologne, une mascarade a lieu à  Brest avec un sosie de Stanislas prenant ostensiblement la mer sur un navire français.

 

Le 8 septembre 1733, Stanislas arrive à Varsovie et est élu roi de Pologne et grand-duc de Lituanie par la Diète dès le 12 septembre 1733.

 

Mais les adversaires de Stanislas ont déjà commencé à prendre les armes. Dès son élection, la tsarine Anne envoie des troupes et, dès le 22 septembre Stanislas doit se réfugier dans Dantzig pour y attendre de l'aide. Le 5 octobre Auguste III est proclamé roi, à Varsovie sous la protection des armées russes. La Pologne a une nouvelle fois deux prétendants au trône !

 

Le 10 octobre, Louis XV, ne pouvant s'en prendre à la Russie, difficile à atteindre, pour les malheurs de Stanislas son beau-père , déclare la guerre à son allié, Charles VI empereur d'Autriche. Ce fut le début de la guerre dite  "de succession de Pologne ".

 

Pour éviter de s'aliéner les puissances neutres, le cardinal Fleury se garde bien d'envoyer dans un premier temps des renforts à Stanislas. Toutefois, les troupes françaises occupent la Lorraine tandis que pour sauver les apparences, dépêchent quelques bateaux qui essuient une défaite au large de Dantzig à la fin mai.

 

A partir de février 1734, la ville est écrasée par un incessant pilonnage d'artillerie, et le 27 juin Stanislas n'entend pas risquer sa vie s'enfuit déguisé en paysan.

 

Après diverses aventures, il trouve refuge, le 3 juillet en Prusse, où Frédéric-Guillaume 1er l'accueille au château de Königsberg. Il se lie d’amitié avec le prince héritier Frédéric, qui deviendra Frédéric II de Prusse (1740), avec lequel il entretient une abondante correspondance.

 

Stanislas abdique le 27 janvier 1736 et rejoint la France le 4 juin à Meudon où il réorganise sa vie, simple et joyeuse.

 

 

Stanislas roi déchu devient duc de lorraine et de Bar

 

L'empereur d'Autriche Charles VI se trouvant dans une situation militaire délicate offrit à Louis XV de négocier un traité de paix et cède ses possessions héréditaires à sa fille unique, Marie Thérèse de Habsbourg.

 

A cette fin, il publie un texte appelé Pragmatique Sanction. François III duc de Lorraine épouse  Marie-Thérèse de Habsbourg le 12 février 1736 à Vienne

   François III de Lorraine

Marie Thérèse de Habsbourg

 

Les diplomaties des grands pays de l'Europe s'activent et négocient leur accord à la Pragmatique Sanction.

 

Après des négociations difficiles, il est convenu le 3 octobre 1735,  un accord appelé " les Préliminaires de Vienne " et "du traité de Vienne du 28 août 1736, entériné par un troisième traité de Vienne que l'Empereur Charles VI signe le 18 novembre 1738 et le roi de France le 7 janvier 1739 mettent fin à la guerre et scellant officiellement la succession de la Pologne.

 

La France convoite les duchés de Lorraine et de Bar depuis plus d'un siècle. Stanislas ayant abdiqué officiellement du trône de Pologne, Le cardinal Fleury y voit l'opportunité de mettre enfin la main sur les duchés le 30 septembre.

 

Il contraint Stanislas à signer une déclaration secrète, appelée "déclaration de Meudon", par laquelle Stanislas déclare ne pas vouloir se " charger des embarras des arrangements qui regardent l'administration des finances et revenus des duchés de Bar et de Lorraine" et s'en remet au roi de France, qui entre en possession des duchés " dès maintenant et pour toujours ".

 

En compensation, Stanislas garde le titre royal de roi de Pologne et reçoit en viager les duchés de Lorraine et de Bar. En outre il est convenu, qu'à la mort de leur nouveau titulaire, les duchés reviennent au roi de France.

 

Quant au duc de Lorraine François III, il reçoit le grand-duché de Toscane au décès du grand-duc Jean Gaston de Médicis. Quant à Charles VI, il est assuré de sa succession et conforte la position de la maison d'Autriche en Italie.

 

Stanislas en ratifiant le rattachement des duchés au royaume, renonce à exercer tout pouvoir réel et ses titres sont surtout symboliques. La réalité du pouvoir, sous son règne, appartient au chancelier nommé par le roi de France. Le 18 janvier 1737, le cardinal Fleury propose Antoine Chaumont de la Galaizière, beau-frère du contrôleur général Orry. Antoine Chaumont de la Galaizière prend possession au nom de Stanislas, du duché de Bar le 8 février 1737 et le 21 mars de celui de Lorraine. Le chancelier exerce en son nom le même pouvoir et les mêmes fonctions que les intendants des provinces Françaises.

 

François III signe le 24 septembre 1736 l'acte de cession du duché de Bar et faut attendre le 13 février 1737 pour qu'il renonce définitivement au duché de Lorraine.

 

La mort opportune  de Jean Gaston de Médicis, le 9 juillet 1737, permet à François III de Lorraine de prendre possession du grand-duché de Toscane.

 

 

Stanislas sur le trône des ducs de Lorraine

 

Dans l'esprit du roi Louis XV et de ses conseillers ce n'était l'affaire que de quelques années. Son beau-père, âgé de soixante ans était bon vivant et d'une santé incertaine.

 

En quoi ils se trompèrent lourdement car ils durent attendre encore vingt-neuf ans.

 

De cette fantastique manipulation diplomatique, le duc roi Stanislas reçoit les titres qui vont lui valoir une immortelle renommée.

 

Le 30 mars 1737, Stanislas et sa femme prennent congé de Louis XV à Versailles, et le roi vient leur rendre visite le lendemain.

      Stanislas Leszczynski                                                                                                                                        Marie Leszczynska       

 

Le 1er avril, Stanislas part pour la Lorraine et arriva dès le 3 avril à Lunéville, où il va loger chez le prince de Craon, car François III est parti avec l'ameublement des châteaux ducaux. La reine le rejoint le 13.

 

Du 25 mai au 1er juin, Stanislas promulgue les édits créant son Conseil d'Etat et son Conseil des Finances et Commerce, sur des bases étroitement dérivées du système en vigueur en France. Il s'agit, après tout, d'accoutumer progressivement les Lorrains à devenir Français.

 

Stanislas, déchargé de la gestion réelle des duchés, réunit à Lunéville une cour brillante et reçoit l'Europe mondaine et savante.

 

Se faisant aimer de ses sujets, il laissera libre cours à ses talents de bâtisseur, contribuant au développement des lettres, des arts et des sciences et dote avec générosité les œuvres charitables.

 

Stanislas Leszczynski vers 1766

Stanislas Leszczynski meurt à 88 ans. le soir du 5 février 1766 au château de Lunéville.

 

Ses vêtements s'enflammèrent devant la cheminée et Il fut gravement brûlé. il mourut 18 jours plus tard.

 

Sa dépouille repose auprès de son épouse Catherine Opalinska, décédée en 1747, dans le caveau familial de l'église Notre Dame de Bonsecours.

 

Stanislas Leszczynski reste dans l'Histoire comme l'arrière-grand-père de trois rois de France, Louis XVI, Louis XVIII et Charles X.

 

 

Il perdure aussi dans la mémoire de ses sujets polonais comme un roi éphémère et romantique qui s'opposa  pour préserver leur indépendance face à la main mise saxonne et russe.

 

Il reste enfin dans la mémoire des Lorrains comme le grand architecte de Nancy et un monarque bienfaisant.

 

Et c'est justice que la plus belle place de la ville, qu'il fit aménager sur ses indications, avec ses finances personnelles (rente viagère versée par le roi louis XV) porte son prénom.

 

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Glossaire :

 

  - MAGNAT : Dans la république nobiliaire de Pologne, les magnats sont de grands seigneurs qui possèdent des propriétés latifundiaires.

  - PALATIN : L'ancienne Pologne était divisée en palatinats ou voïvodies. Le palatin gouvernait son district, il rendait la justice et y faisait la police.

  - PIAST : Dynastie polonaise de seigneurs issus de Grande Pologne; ils ont gouverné la Pologne du Xème et XIVème siècle.

  - SÉNAT : Assemblée composée d'une centaine de personnes regroupant les magnats, évêques, voïévodes et starostes. C'est la chambre haute.

  - STAROSTE : Capitaine de ville, sorte de haut officier mis en place sous le règne de Casimir le Grand. Il est nommé et révoqué par le roi. Inférieur hiérarchique des palatins et des castellans.

  - VOÏÉVODE : Responsable d'une province (voïévodie). Voïévodes et castellans sont choisis par le roi parmi la noblesse locale.

  - CASTELLAN : À l'origine, au Moyen Âge, le castellan était en Pologne un officier de justice. A partir du XVIème siècle, il correspond aux lieutenants généraux des provinces de France. Le castellan commande sous l'autorité du palatin qu'il représente en son absence. Dans les provinces orientales, les fonctions de castellan et de voïévode se confondent.

  - CHANCELIER (ou grand chancelier) : il s'agit du «principal ministre» de la république nobiliaire polonaise. C'est lui qui dirige la politique étrangère du pays. il y en avait un pour la Couronne et un pour la Lituanie.

  - CONSTITUTION : Textes des décisions d'une diète.

  - DIÈTE : Assemblée des députés de la noblesse. Il y avait une diète en Pologne et une diète en Lituanie; tous les ans, elles votaient les impôts. C'était aussi le nom que l'on donnait à la réunion des deux chambres (sénat et diète) en vue de l'élection du roi ou de son couronnement. Elle prend alors le nom de diète d'élection, diète de couronnement...

 

Tableaux  :

 

  - Stanislas Leszczynski,  -  Musée Lorrain à Nancy

  - Stanislas Leszczynski, portrait de Stanislas encore voïévode de Poznan à l'âge de 20 ans  - Musée national, Poznan / Pologne

  - Stanislas Leszczynski vers 1709,  - tableau de Adam Manyoki ( 1673-1757)  - Musée national de Varsovie

  - Stanislas Leszczynski vers 1720,  - tableau de Henri Millot - Antiquaire Art Gerd Steuer, Homburg/Saar

  - Charles XII de Suède,  - réalisé par David van Krafft  - Collection royale de Varsovie

  - Stanislas Leszczynski vers 1711,  - réalisé par David Krafft vers 1711  - Musée national de Stockolm

  - Auguste II - tableau de Louis de Silvestre,  - Musée national de Varsovie

  - Anna Leszczynska , tableau de Johan Starbus,  - Collection nationale, Musée national de Gripsholm

  - Marie Leszczynska en 1725 - Copie ancienne d'après Pierre Gobert ( 1662-1744), Château de Bussy-rabutin, Monum / France

  - Louis XV réalisé vers 1727 par l'Atelier de Jean-Batiste Van loo,  - Musée des Beaux-Arts de Nancy

  - Maria Leszczynska / le dauphin,  - peint par Alexis Simon Belle en 1729  - Château de Versailles

  - François III de lorraine,  -  Musée Lorrain à Nancy

  - Marie Thérèse d' Autriche, -  Musée Lorrain à Nancy

  - Stanislas Leszczynski chevalier de l'ordre du St -esprit , tableau de jacques André joseph vers 1733 - Préfecture de Nancy

  - Stanislas Leszczynski, tableau réalisé par l'Atelier Van loo - Château d'Autigny-la-Tour 

  - Marie Leszczynska, tableau réalisé par l'Atelier de Jean-Marc Nattier ( 1685-1766 ) - A découvrir au Château d'Autigny-la-Tour 

  - Stanislas Leszczynski, tableau de Jean Girardet commandé par la ville de Nancy en 1766 - Musée des Beaux-arts de Nancy

 

Sources :

 

  - Archives Municipales de Nancy

  - Archives Départemental de Meurthe et Moselle à Nancy

  - Université Nancy 2

  - Université Barcelone

  - Musée Lorrain de Nancy

 

  - Histoire de Nancy sous la direction de René Taveneaux , éditeur Privat 1978

  - Anthologie des mémorialiste du XVIIIème  siècle Robert Laffont 1996

  - Le vieux Nancy par Pierre Marot 3ème édition Nancy -Hélio 1980

  - Histoire de Nancy par Henri Lepage réédition de 1838

  - Stanislaus Leszczynski, Ein König im Exil  Blieskastel: Bliesdruckerei, 2006

  - La Place Royale de Nancy de Pierre Marot, édition Berger Levrault 1966

  - Jean Lamour , Albert France-Lanord , édition 1977 Presse Universitaire de Nancy

  - Le roi Stanislas , d’ Anne Muratori Philip éditeur Fayard

  - Encyclopédie Larousse / Hachette

  - Encyclopédie  raisonné Diderot et d'Alemberg -         http///portail.atilf.fr/encyclopedie/

  - L'Encyclopédie libre Wikipedia  -      http://fr.wikipedia.org/wiki/Lorraine#Histoire

 

 

                                                                            

 

 

 

 

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